Semaine du 30 mai au 5 juin 2016

6 juin 2016 à 06:14 | Publié dans L'actualité criminologique | Laisser un commentaire

ACTUPÉDOPORNOGRAPHIE – JUSTICE
L’écrivain pour enfants reconnaît ses torts [France]

Tard dans la soirée, le tribunal correctionnel devait rendre sa décision et condamner, ou pas, cet écrivain pour enfants dans un dossier d’ images pédopornographiques.

Les quelques témoins encore présents dans la salle ont découvert hier le visage et le nom de «chairfraiche», un pseudonyme utilisé par un quadragénaire domicilié à Penne d’Agenais pour s’adonner à son penchant: la pédopornographie sur la toile.

Autant le préciser rapidement, il reconnaît globalement tout, à l’exception de dessins 3D de la même veine. C’est un détail. Ce «chairfraiche» dont les autres surnoms connus étaient «petite tige» ou Blangis reconnaît désormais la diffusion d’images de mineures de 1 à 10 ans, alors que son avocat Yann Delbrel laissait entendre que ce point pouvait être contesté (lire notre édition de ce lundi).

«Hallucinant»
Pour reprendre les mots du président Ludovic Pilling, c’est un dossier «hallucinant». Hallucinant car il porte sur 11 ans de la vie d’adulte de cet écrivain spécialisé dans la science-fiction et… les livres pour enfants. L’enquête de la brigade de recherches de Villeneuve a mis en lumière la présence de plusieurs centaines de milliers de fichiers numériques, images, vidéos, textes de sa main eux aussi «hallucinants» et sans détour. Il a été piégé, démasqué et interpellé en juin 2013.

Comment explique-t-il cette dérive ? Par son enfance, «mais je n’ai pas envie de parler de tout», par une dépression et des insomnies. «Je remplissais ces nuits par ces moments passés sur Internet.» Il est abonné à des plateformes de téléchargement (127 inscriptions), les enquêteurs démontent son système de fonctionnement : il utilisait par exemple TrueCrypt ou encore le logiciel Thor qui permet de masquer son identité lors de la navigation sur le web.

«Trouble de la sexualité»
Pour expliquer, il parle de «trouble de la sexualité», ne dément pas faire une «fixation sur les mineures.» Et met en avant une psychothérapie en cours. Ce n’est pas récent : ce penchant répréhensible remonte à la fin des années 1990. Il était animateur dans un centre de loisirs. «J’avais des fantasmes, mais je n’avais pas d’ordinateur.» Il avait un appareil-photo, et a fixé sur la pellicule les images des enfants, dont Laure.

Elle était à la barre hier, seule victime à avoir porté plainte. «Ça joue sur ma vie aujourd’hui, je sais que mes photos circulent. Je me sens humiliée, salie. Dois-je mettre mon fils au centre de loisirs ?» C’est «une intrusion dans sa vie, et un préjudice grave car le processus de diffusion se poursuit», explique son avocate, Me Derisbourg, représentant aussi l’association La Mouette.

Quatre autres fillettes, dont les deux filles d’une amie, sont sur la liste des victimes selon les enquêteurs, qui n’ont enregistré qu’une plainte, celle de Laure. Sur un fichier vidéo saisi, 19 minutes d’enregistrement dans une salle de bains. «J’ai mis la caméra dans la salle de bains et j’ai laissé tourner. Oui, c’était à l’insu des enfants.»

Des interdictions
Pour le procureur de la République, «chairfraiche» a été certes «consommateur mais aussi acteur. Ce qu’il a téléchargé, ce ne sont pas des chatons jouant avec une pelote de laine.» Le ministère public a requis 18 mois dont 12 avec sursis «car c’est une personnalité inquiétante», réquisitions assorties d’obligations de soins, d’interdiction d’entrer en contact avec les enfants, et d’exercer une profession en lien avec les mineurs.

Il revenait à la défense de s’exprimer en dernier. Yann Delbrel, l’avocat de «Chairfraîche», décrivait «un enfermement sur lui-même», accentuait «le poids de l’enfance (…) Les faits sont reconnus, mais il était malade au moment des infractions. La chaîne pénale a permis de casser cette part odieuse avec succès, de le sortir de cette bulle odieuse. La justice l’a libéré. Tout n’est pas perdu.»

La décision devait intervenir tard dans la soirée.

Source : Ladepeche.fr
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VIOL COLLECTIF – MINEURS DÉLINQUANTS – JUSTICE
Accusés d’un viol collectif, trois adolescents rémois écroués [France]

Une sordide affaire de mœurs a abouti cette semaine à la mise en examen de quatre jeunes Rémois pour « viol et complicité de viol en réunion ».

Trois d’entre eux ont été écroués tandis que le dernier, petit ami de la plaignante, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Les faits dénoncés ont pour cadre une cave du quartier Croix-Rouge, où la jeune fille de 13 ans avait donné rendez-vous à son copain d’une quinzaine d’années. Ils auraient eu une relation sexuelle consentie, mais selon l’adolescente, son ami lui aurait caché la venue de trois camarades qui auraient ensuite abusé d’elle.

Interpellés en début de semaine, les quatre jeunes gens ont été présentés, mercredi, au palais de justice. Les trois camarades placés en détention sont mis en examen pour « viol en réunion », le petit ami pour « complicité ». Tous contestent les faits. D’après eux, la jeune fille aurait accepté d’avoir des relations sexuelles avec les trois amis de son copain. Elle aurait décidé de les accuser à partir du moment où sa famille aurait su que quelque chose s’était passé avec eux dans les caves.

Les avocats des trois garçons ont décidé de faire appel des ordonnances de placement en détention. Un juge d’instruction est saisi pour tenter de faire la lumière sur cette sinistre affaire.

Source : Lunion.fr
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VIOLENCES – DÉLINQUANCE JUVÉNILE
Une Mâconnaise a-t-elle été violentée par des collégiens ? [France]

Une enquête de police est en cours après qu’une Mâconnaise a porté plainte contre des adolescents qui l’auraient violentée devant son entrée d’immeuble, boulevard des Neuf-Clés. Ils sont présumés innocents. Le bailleur social Mâcon habitat s’est saisi du dossier.

« Je ne dors plus la nuit. J’ai peur. Je vais essayer de déménager car ce n’est plus tenable. » Béatrice*, une Mâconnaise bientôt à la retraite, a déposé plainte à deux reprises depuis la mi-mars contre de jeunes adolescents, âgés, selon elle, de 13 à 15 ans, présents régulièrement devant la porte d’entrée de son immeuble, boulevard des Neuf-Clés, à Mâcon. L’un d’eux aurait tenté, selon ses dires, de l’étrangler le 13 mai.

Incendies et menaces de mort ?
« Il m’a plaquée contre la boîte aux lettres et m’a prise par la gorge. Puis il a serré vraiment fort. J’ai appelé au secours. » Le jeune aurait fini par partir, avant l’arrivée de la police. Aucun témoin n’a assisté à la scène, hormis d’autres jeunes du groupe, détaille la Mâconnaise. Qui, deux mois plus tôt, affirme avoir évité deux coups de poing de la part d’un collégien.

Les problèmes auraient débuté il y a trois ou quatre ans. Des adolescents auraient commencé à se rassembler près de son entrée d’immeuble. « 15 à 20 jeunes sont présents tous les matins. Je ne leur ai jamais dit un seul gros mot. C’est de la violence gratuite. » Qui serait montée en puissance crescendo. « Il y a eu de la musique forte, des crachats », puis « ils ont brûlé des interrupteurs quatre ou cinq fois, mis le feu à une boîte à prospectus, cassé une vitre. Les gamins bloquent aussi la sortie de l’immeuble. Ils ne veulent pas recevoir d’ordres. Ils m’insultent, disent qu’ils sont chez eux, mineurs, qu’ils font ce qu’ils veulent. »

La situation se serait encore aggravée depuis le dépôt de la première plainte. « Dès le lendemain, ils ont fracturé la porte d’entrée de mon immeuble. » Des menaces de mort lui auraient été adressées à plusieurs reprises. Dans ce contexte, Béatrice aurait fini par adapter ses sorties, en fonction des horaires de cours des collégiens. « Je vais faire des courses quand ils sont en cours. Le matin, j’attends leur départ pour prendre le bus. J’arrive en retard au travail. »

Les adolescents sont présumés innocents. Du côté de la police, on souligne que « l’enquête suit son cours. Des jeunes ont été vus sur place et seront convoqués ».

Un voisin a eu écho d’une partie de la situation mais n’a rencontré aucun problème avec les collégiens parfois présents. Ce n’est pas le cas d’une jeune femme qui réside dans l’entrée voisine. Elle confirme que « des jeunes se rassemblent régulièrement, surtout les jours de pluie. Ils mettent parfois le feu à des choses. Je leur demande toujours de partir. Ils n’aiment pas beaucoup cela ». Mais il n’y a jamais eu de gros débordements avec elle. Et les jeunes seraient moins présents depuis quelque temps.

Source : Jérôme Morin – Leprogres.fr
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HARCÈLEMENT – JUSTICE
Trois ans de prison pour avoir envoyé plus de 260 SMS pornographiques à une mineure [France]

Plus de 260 SMS à caractère pornographique, envoyés en 20 jours, à une jeune fille de 17 ans, habitant Montélimar. C’est ce qui était reproché à André Luisin, un Privadois de 48 ans, qui était jugé hier après-midi, devant le tribunal correctionnel de Privas. De janvier à mars 2016, le quadragénaire aurait harcelé la victime, multipliant les textos, et allant jusqu’à envoyer des photos de son sexe en érection.

Il lui était aussi reproché de l’avoir menacée, au cours de sa garde à vue, et d’avoir outragé les policiers. « Je ne vais rien lui faire ! », s’est-il défendu, lors de l’audience, ajoutant : « Je suis tombé amoureux d’elle. »

L’homme, déjà connu de la justice, condamné une vingtaine de fois, notamment pour des atteintes sexuelles et des violences, fait l’objet de plusieurs suivis socio-judiciaires.

Il a été condamné à la peine maximale encourue à savoir 3 ans de prison et placé sous mandat de dépôt.

Source : Leadauphine.com
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RÉSEAUX SOCIAUX – HAINE – HARCÈLEMENT
Haine sur Internet: comment les réseaux sociaux modèrent-ils les messages abusifs?

Alors que Facebook, Twitter, YouTube et Microsoft viennent de signer un code de bonne conduite les engageant à lutter contre les propos haineux distillés en ligne en Europe, se pose la question du mode de fonctionnement des systèmes de modération des réseaux sociaux. Récemment pointé du doigt, Périscope a décidé de demander leur aide aux utilisateurs tandis que Facebook compte sur l’intelligence artificielle.

« Les médias sociaux sont malheureusement l’un des outils que les groupes terroristes utilisent pour radicaliser des jeunes gens et que les racistes utilisent pour répandre la violence et la haine », déclarait mardi 31 la commissaire chargée de la Justice, Vera Jourova. C’est pourquoi, Facebook, Twitter, YouTube et Microsoft ont décidé le même jour de signer un code de bonne conduite les engageant à lutter contre les propos haineux distillés en ligne en Europe. Mais comment peuvent-ils filtrer efficacement les millions de contenus publiés chaque jour sur leurs supports?

A l’heure actuelle, chez la plupart des grands réseaux sociaux, les utilisateurs peuvent signaler des contenus problématiques et une équipe d’employés de l’entreprise traite ces signalements et décide de censurer ou non les messages. Mais, mardi, Périscope, a décidé de serrer les vis. Régulièrement sous le feu des critiques depuis sa mise en service, que ce soit à cause du dérapage de Serge Aurier en février, des propos antisémites et sexistes de deux employés de SFR mardi dernier, ou du suicide en direct d’une jeune fille dans une gare francilienne mi-mai, l’application de vidéo en direct de Twitter a créé un système de modération plus rapide et adapté à son mode de fonctionnement.

A partir de ce mercredi 1er quand un commentaire sera signalé par une internaute, l’application sélectionnera quelques utilisateurs au hasard pour leur demander si le message est effectivement haineux. Si la majorité approuve, l’auteur du contenu incriminé sera brièvement interdit de commenter. S’il republie un commentaire à nouveau rejeté, il ne pourra plus écrire durant toute la diffusion de la vidéo. »Nous avons conçu ce système de sorte qu’il soit le plus discret possible: le processus entier nécessite à peine quelques secondes », explique l’équipe de Periscope dans un billet sur son blog.

D’après Le Monde, Facebook s’intéresse quant à lui à un type de modération reposant davantage sur l’intelligence artificielle. D’après Joaquin Candela, ingénieur responsable de l’apprentissage automatique appliqué dans la firme de Mark Zuckerberg, ces programmes sont de plus en plus efficaces, notamment pour identifier le contenu d’une image. « Ce qui est intéressant, c’est qu’aujourd’hui nous avons plus de photos offensantes signalées par des algorithmes d’intelligence artificielle que par des humains », a-t-il expliqué dans un entretien au site spécialisé TechChrunch.

On peut toutefois s’interroger sur le genre de dérives que pourrait engendrer ce type de programmes, Facebook ayant déjà été critiqué à de nombreuses reprises pour censurer plus rapidement les oeuvres d’art que les commentaires djihadistes.

« Il semble que ces plateformes préfèrent censurer des photos de seins plutôt que des appels aux meurtres contre des homos, des Arabes ou des Juifs », dénonçait notamment Sacha Reingewirtz, président l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) auprès du Figaro, il y a quelques semaines, après que son association et SOS-Racisme ont épinglé les systèmes de modération de Facebook, Twitter et YouTube dans un rapport. Les jugeant bien trop laxistes, elles ont décidé de les assigner en justice pour non-respect de leurs obligations de modération légales qui imposent aux hébergeurs de supprimer dans un délai raisonnable les contenus manifestement illicites.

Source : Francesoir.fr
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Crédit Photo : © Montgomster – https://pixabay.com

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