Semaine du 27 juin au 3 juillet 2016

4 juillet 2016 à 07:28 | Publié dans L'actualité criminologique | Laisser un commentaire

ACTURÉSEAUX SOCIAUX – VIOLENCES – VIDÉOS LIVE
Violences sur Facebook Live et Periscope : une course contre la technologie

Les applications de vidéo en direct se sont retrouvées pointées du doigt après le meurtre des deux policiers à Magnanville. A l’instar de Periscope, Facebook Live et autres Meerkat, elles apportent une nouvelle touche de complexité au sujet de la violence en ligne, obligeant les géants du secteur à réagir.

Un suicide sur Periscope, un attentat revendiqué, quelques minutes après le meurtre du couple de policiers de Magnanville, sur Facebook Live… Les applications de vidéo en direct se sont retrouvées pointées du doigt après les événements de ces derniers jours. Dans la continuité des problèmes nouveaux posés par les réseaux sociaux, Periscope, Facebook Live et autres Meerkat apportent une nouvelle touche de complexité au sujet de la violence en ligne. Et cette course technologique, menée par les géants du secteur, oblige ceux-ci à revoir leurs positions historiques.

Aujourd’hui, la loi condamne l’apologie du terrorisme, l’incitation à la haine et à la violence et les mêmes règles s’appliquent sur Internet que dans le monde physique. Mais les grandes plates-formes, généralement des sociétés de droit californien, ont en outre leurs propres règles.

Exemple : l’interdiction de la nudité, sur Facebook ou sur l’App Store d’Apple. Là, c’est la technologie qui dicte la règle : les géants bloquent automatiquement la mise en ligne d’images dénudées afin de lutter contre la pédopornographie. Il faut ensuite une intervention humaine pour « débloquer » le contenu. Cela est arrivé dans quelques cas, sur des photos artistiques, par exemple. Et cette logique est aussi en train de s’imposer dans le domaine de la lutte contre la violence et l’incitation à la haine.

L’attitude des géants américains est en train d’évoluer. Il y a encore quelques mois, en effet, leur position était claire : la technologie ne pouvait pas tout faire dans ce domaine. Début 2015, quelques jours seulement après les attentats de « Charlie Hebdo » et de l’Hyper Cacher, la directrice de la politique de contenus chez Facebook, Monika Bickert, affirmait aux « Echos » : « C’est très difficile d’apporter une réponse technologique à ce problème. Une même photo peut être prise dans des contextes très différents. Certains mettront en ligne une photo d’un groupe terroriste pour soutenir son action, d’autres pour le condamner. Dans le premier cas, la photo sera supprimée, dans le second cas, il n’y a pas de raison de l’enlever. L’intervention humaine est donc nécessaire. » Aujourd’hui, le discours a un peu évolué.

« La règle, c’est le signalement. Dès qu’un contenu est signalé une fois par un utilisateur, il y a intervention humaine et nos équipes, disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, jugent si le contenu doit être bloqué. Mais nous commençons à automatiser certaines choses », concède-t-on chez Facebook, qui ne souhaite toutefois pas entrer dans les détails pour éviter de donner des informations à ceux qui utilisent les réseaux sociaux à des buts de propagande.

Évaluer la nature éditoriale
Même son de cloche chez Twitter. « Nous sommes déjà capables d’identifier automatiquement, parmi les contenus qui sont en train d’être diffusés, ceux à caractère sexuel, par exemple, expliquait en mars, lors de son passage à Paris, le jeune fondateur de Periscope Kayvon Beykpour. Nous investissons dans ce domaine et sommes toujours vigilants. » Les avancées en matière d’intelligence artificielle (IA) contribuent aussi à faire évoluer la position de ces géants.

Mais évaluer finement la nature éditoriale d’un contenu, écrit comme vidéo, c’est une autre paire de manches que l’IA de reconnaissance d’images sur laquelle Google a avancé ces dernières années. Certes, une pointe d’IA est déjà utilisée à l’heure actuelle et fait remonter des contenus « suspects » vers des modérateurs, humains eux, chargés d’évaluer leur nature, et s’il faut les supprimer ou non.

Mais comme l’illustrent les derniers évènements, les mailles du filet sont trop larges. Pour des contenus très nombreux. Au dernier pointage en novembre, Facebook évaluait à 8 milliards le nombre de vidéos visionnées par ses utilisateurs… sur une seule journée !

Au final, le problème est d’autant plus complexe qu’il est humain. Malgré le perfectionnement de ces technologies, il restera difficile de prévoir les comportements des uns et des autres. Enfin, ces problématiques ne sont que la partie visible de l’iceberg. Au fond, les autorités peuvent encore s’accommoder de cette situation, mais redoutent avant tout les informations et renseignements qui se faufilent sous leurs radars et peuvent servir à planifier une attaque terroriste, ou à embrigader des esprits faibles.

Redphone, SilentCircle, Chatsecure : toute une palette d’applications de messagerie instantanée promettant une confidentialité totale sont à la disposition de qui veut bien se servir. Même les grands groupes se positionnent, à l’instar de… WhatsApp, qui appartient à Facebook. Début avril, le cryptage de tous les messages des utilisateurs a été généralisé. Un chiffrement dit « de bout en bout » qui rend la missive envoyée uniquement lisible par le destinataire. « Personne d’autre ne peut lire le message en question […] que ce soit des cyberdélinquants, des hackers, des régimes totalitaires, même pas nous », avait alors souligné WhatsApp.

Certains en ont même fait un fonds de commerce, à l’instar de Telegram. Lancée par Pavel Dourov, alias le « Zuckerberg russe », cette appli a été pointée du doigt lors des attentats du 13 novembre, car utilisée par les combattants de Daech – elle l’est aussi par des citoyens lambdas dans des pays où il y a peu de transparence sur l’action des autorités.

Depuis quelques mois, les utilisateurs de Telegram peuvent aussi créer des chaînes et s’adresser à un nombre illimité de personnes et plus seulement en « one to one » ou dans des conversations de groupe. Idéal pour diffuser de la propagande ou revendiquer des attentats, et l’EI ne s’en prive pas. Une réputation sulfureuse qui ne perturbe en rien la croissance de « l’appli ». Trois ans à peine après son lancement, Telegram compte plus de 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Déjà le tiers de Twitter.

Sources : Lesechos.fr – Nicolas Rauline, Journaliste, au service High-tech-Médias et Nicolas Richaud, Journaliste au service High-tech-Médias
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INCESTE – JUSTICE
Un chevalier de la Légion d’honneur jugé pour inceste [France]

Il était professeur, chercheur au CNRS, chevalier de la Légion d’honneur… Ce grand-père est aussi accusé d’avoir violé ou agressé sexuellement ses petits-enfants, des crimes qu’il a reconnus et dont il répondra à partir de ce mardi devant la cour d’assises du Val-de-Marne.

Il était professeur, chercheur au CNRS, chevalier de la Légion d’honneur… Ce grand-père est aussi accusé d’avoir violé ou agressé sexuellement ses petits-enfants, des crimes qu’il a reconnus et dont il répondra à partir d’aujourd’hui devant la cour d’assises du Val-de-Marne.

Cet homme de 89 ans encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle, pour avoir violé une de ses petites-filles mineures, entre l’âge de sept et 14 ans, et agressé sexuellement deux autres de ses petits-enfants.

Zoophilie et sado-masochisme
« En grande souffrance » selon l’examen psychologique réclamé par le parquet, la jeune femme violée n’a pas réussi à briser le silence avant ses 23 ans. Sa plainte a mis un terme à l’omerta familiale: l’enquête a révélé que le grand-père avait agressé sexuellement entre 1992 et 2005 plusieurs de ses petits-enfants mineurs, garçons et filles, les prenait en photo nus et détenait des images pédopornographiques, zoophiles et sado-masochistes.

Le retraité, qui assure ne plus avoir d’activité sexuelle depuis ses 70 ans, piégeait ses petits-enfants avec divers stratagèmes. Jeu de cartes pornographiques pour apprendre l’anatomie, photos dénudées sous prétexte de garder trace de l’évolution du corps, conseils sentimentaux douteux, il orientait les choses de façon à ce que ses crimes paraissent naturels aux enfants, et leur recommandait ensuite de se taire.

Verdict attendu jeudi
L’homme, professeur à l’université de Lille et médaille de bronze du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a reconnu ses actes. Son expertise psychiatrique a révélé «des troubles du contrôle pulsionnel et une paraphilie pédophile».

Également colonel de réserve dans l’armée et chevalier de la Légion d’honneur, il aurait des années auparavant fait subir des attouchements à sa fille – des faits aujourd’hui prescrits.

Le procès de trois jours doit se dérouler à huis clos, à la demande des victimes, avec un verdict attendu jeudi.

Sources : AFP – Ledauphine.com
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AGRESSION SEXUELLE – JUSTICE
Un kinésithérapeute jugé à Reims pour agression sexuelle [France]

Le quinquagénaire ne s’est pas contenté de pratiquer des massages sur l’une de ses patientes.

En mars 2015, une jeune femme de 18 ans porte plainte contre son kinésithérapeute, quinquagénaire. Elle explique que depuis quelques séances, les massages de celui-ci se sont souvent attardés sur ses seins, et qu’il a terminé la dernière en l’embrassant sur la bouche. Il était jugé pour ces faits mardi dernier, au tribunal correctionnel de Reims.

La victime n’est pas présente à l’audience. À la barre, le prévenu conteste avoir eu un autre but que thérapeutique. Et explique que c’est éventuellement l’huile de massage qui a pu donner l’impression à la jeune fille qu’il allait plus loin. Quant au baiser, il aurait eu lieu à l’issue d’un massage du crâne. Le thérapeute assure qu’il a pu effleurer de la main les lèvres de sa patiente en se relevant. Pas plus. « Elle s’est mépris », répond-il presque systématiquement aux questions, nombreuse. « Le seul reproche que l’on peut me faire », selon le prévenu, est de ne pas avoir expliqué ses manipulations à la patiente. Pour le reste c’est « la parole de Céline (le prénom a été changé, NDLR) contre la mienne. »

Le représentant de l’ordre des kinésithérapeutes présent à l’audience parle de « pratiques anormales », d’un « accord préalable » à demander pour des manipulations délicates et d’excuses à donner, en cas d’effleurement intempestif.

Pour le procureur, « la plaignante n’exagère pas ». Mais le prévenu n’est pas pour autant un « prédateur sexuel ». Car sur les 30 à 40 autres clients qu’il voit par jour, il n’y a aucune autre plainte. Reste que ses gestes avec cette jeune fille ont été « déplacés et de nature sexuelle ». Une analyse de « café du commerce » pour l’avocat angevin de la défense, qui trouve les explications de son client « cohérentes depuis le début ».

« Vous êtes allé trop loin, Monsieur », tranche la présidente du tribunal en rendant sa décision. « Ce n’est pas l’affaire de votre carrière, mais c’est une affaire. » Pour « rappel à l’ordre » – son casier judiciaire est vierge –, il est condamné à trois mois de prison avec sursis et inscrit au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).

Source : Lunion.fr
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SÉQUESTRATION – VIOLENCES
Séquestrée et torturée par son ex pendant 14 jours [France]

Une jeune femme de 24 ans a été séquestrée pendant deux semaines et soumise à des actes de torture et de barbarie, près de Lyon, avant qu’elle ne réussisse à appeler à l’aide du balcon de l’appartement…

Le 13 juin, alors que le couple était déjà séparé, une jeune femme de 24 ans s’est rendue au domicile de son ancien compagnon, à Rillieux-la-Pape dans le Rhône, à la demande de celui-ci, selon nos confrères du Progrès.

L’homme de 27 ans l’a d’abord enfermée dans le coffre de sa voiture pour la conduire dans un champ à Miribel-les-Echets (Ain) où il l’a frappée avec une barre de fer. Il l’a ensuite séquestrée dans son appartement pendant 14 jours, la frappant violemment à maintes reprises. Un calvaire, ponctué d’actes de torture et de barbarie.

20 fractures
C’est lundi que la jeune fille est parvenue à profiter d’une de ses absences pour appeler les secours depuis le balcon de l’appartement. A l’hôpital, l’examen médical a constaté notamment 20 fractures, une vingtaine de côtes cassées. La victime s’est vue prescrire 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT).

Son ex-concubin a été interpellé le lendemain et placé en garde à vue. Durant celle-ci, il aurait reconnu seulement deux gifles. «Il est dans le déni», souligne une source policière. Déjà condamné en 2015 pour des faits similaires à trois ans de prison, dont deux ferme, l’auteur présumé des coups doit être présenté ce jeudi au parquet.

Source : DNA.fr
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PÉDOPORNOGRAPHIE
Arrestation d’un élu LR dans une affaire de pédopornographie – « J’ai hâte que tes enfants aient des bébés ! Tu me les prêteras ? » [France]

L’élu municipal LR Éric Kempe, deuxième adjoint de Franck Dhersin, maire de Téteghem, a été placé en garde à vue lundi et a été mis en examen, mardi en début de soirée, pour téléchargement d’images pédopornographiques. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Son arrestation fait suite à celle de Stéphane Bak, il y a quinze jours.

Les faits dont Éric Kempe est suspecté relèvent du téléchargement et de la détention d’images pédopornographique. Son interpellation fait suite à celle de Stéphane Bak, survenue le 24 mai.

Selon La Voix du Nord, les deux hommes auraient échangé via internet des fichiers pornographiques mettant en scène de très jeunes enfants, agrémentés de messages comme : « J’ai hâte que tes enfants aient des bébés ! Tu me les prêteras ? »

Les enquêteurs de la brigade des mineurs ont découvert le nom d’Éric Kempe dans l’ordinateur de Stéphane Bak, le directeur d’une boîte d’intérim de Grande-Synthe, qui avait téléchargé des centaines d’images pédopornographiques sur fond de zoophilie. Ce pervers partageait sa « déviance » avec ses « copains » et d’autres personnes adeptes de la pédopornographie sur Internet.

L’avocat d’Éric Kempe, Jean-Pierre Mougel, a annoncé qu’Éric Kempe, qui a avoué les faits, avait pris la décision de démissionner sur-le-champ du conseil municipal.

Source : Medias-presse.info
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Crédit Photo : © Geralt – https://pixabay.com

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