Semaine du 26 novembre au 2 décembre 2012

3 décembre 2012 à 08:29 | Publié dans L'actualité criminologique | Laisser un commentaire
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ACTURESEAUX SOCIAUX
Facebook, Twitter, Youtube… quand la connexion devient addiction

Adoptés de manière fulgurante, les réseaux sociaux n’ont jamais autant fait parler d’eux. Retrouver de vieux amis, trouver un emploi, recommander des articles … leurs avantages sont souvent soulignés. Mais dans certains cas, leur utilisation peut conduire à un phénomène de cyberdépendance.

En octobre dernier, Wilhelm Hofmann de la Chicago University’s Booth Business School révélait, travaux à l’appui, que résister dans une journée à l’attrait de Twitter ou de Facebook est aujourd’hui plus dur que de refuser une cigarette ou un verre d’alcool.
Un constat qui n’est pas si surprenant que cela aux yeux du scientifique, dans une société où ces modes d’échange ont pris de plus en plus de place pour tisser des liens sociaux.

« La consommation de cigarettes et d’alcool a un coût à long terme. L’usage des réseaux sociaux comporte moins de conséquence, si ce n’est la perte de temps », explique-t-il après avoir examiné le comportement de 205 patients, âgées de 18 à 85 ans. Pas de conséquence ? Si on ne peut pas aller se coucher sans avoir changé sa photo de profil sur Facebook, ou sans vérifier ces messages sur Twitter, la question de l’apparition d’un symptôme de « manque » se pose.

Le portable avant tout
De plus en plus connus et de plus en plus adoptés, les réseaux sociaux pourraient bien être à l’origine d’une nouvelle forme d’accoutumance : une « e-dépendance ». Celle-ci serait psychologique, et non physique comme l’explique Florence Desbans, hypnothérapeute. « Les réseaux sociaux permettent une prise de parole accessible qui peut être utilisée à l’envie pour se mettre en scène. Cette tendance est encouragée par nos modes de vie actuels. Mais quand on ne se pose même plus la question de la liberté de les utiliser ou non, l’usage devient pathologique ».

A l’instar des jeux vidéo, l’utilisation des « like » et des « tweet » deviendrait-elle compulsive chez certains internautes ? Sans parler des fameux « social gaming », ces jeux disponibles sur les réseaux sociaux (Farmville, Bubble Safari, Mafia Wars), de plus en plus sollicités sur ces sites.

« Je m’en porte mieux »
Aux États-Unis, une étude a révélé que 50 % des Américains seraient même prêts à abandonner l’alcool, la caféine ou le chocolat pendant une semaine plutôt que leur portable. En outre, un autre sondage réalisé cette année pour le site MyLife auprès de 2000 Américains montrait que près de 40 % d’entre eux reconnaissent préférer se passer d’air conditionné ou même d’être coincé dans un bouchon plutôt que de sacrifier leur compte Twitter.

Thierry Crouzet, blogueur et spécialiste de l’informatique est l’auteur de « J’ai débranché ». Un livre dans lequel il raconte sa passion excessive pour ces sites, qui l’a incité à se couper de ce monde numérique pendant plusieurs mois. « Un soir j’ai fait une crise d’angoisse. Alors que les pompiers m’amenaient à l’hôpital, je continuais à me balader sur l’un de ces sites. Là je me suis rendu compte qu’il fallait que je fasse une pause ».

Six mois de « sevrage »
Après six mois de « sevrage » sans un clic, Thierry rallume son ordinateur : « je suis beaucoup moins actif qu’avant, je ne réagis pas en permanence sur tout ce qui s’y passe et je m’en porte mieux. »

Un phénomène qui peut se développer dès le plus jeune âge. Selon un rapport de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) de 2011, 48% des 8-17 ans sont actuellement connectés à un réseau social. Mais la frontière entre un usage normal, même important, et un usage devenu pathologique n’est pas toujours évidente à cerner. « Les réseaux sociaux sont pour certaines personnes des objets d’apaisement moteur à l’instar du chocolat ou des cigarettes. Ils sont de plus en plus prisés car dans une société individualiste ils permettent de réagir en un clic. Il faut s’inquiéter lorsque le temps passé dessus empiète sur celui destiné à un autre domaine de notre vie », affirme Catherine Lejealle, sociologue.

Une pratique excessive plutôt qu’une addiction
Mais cette pathologie reste difficile à quantifier, tant le nombre d’adhérents sur Facebook et Twitter sont nombreux (respectivement 850 millions et 100 millions d’utilisateurs). En France, chaque internaute serait en moyenne membre de trois réseaux ou médias sociaux, Facebook en tête, selon l’Observatoire des réseaux sociaux d’Ifop. Mais de là à parler « d’addiction » au même titre que l’alcool, la cigarette ou les substances illicites, la communauté médicale française est mitigée.

« Le terme addiction est mal approprié. Les réseaux sociaux sont des outils extérieurs qui révèlent souvent des pathologies sous-jacentes comme une phobie scolaire ou une séparation douloureuse », affirme la psychologue Vanessa Lalo. « Même si certaines personnes forgent tellement leur image via ces sites qu’elles en deviennent dépendantes ».

L’Académie de Médecine a même tranché sur ce sujet en avril dernier en affirmant à propos des jeux vidéo, mails, et réseaux sociaux qu’ »il est préférable d’utiliser le terme moins stigmatisant de pratiques excessives », en l’absence d’études précisant leurs critères.

« Ici on ne peut pas utiliser le mot ‘addiction’ car on ne parle pas de souffrance réelle, au contraire il n’y a que du plaisir à y passer du temps », ajoute Catherine Lejealle. Difficile alors de parler d’addiction au sens médical du terme. « Je pense que ces réseaux sociaux constituent plus un phénomène de société qui ne va pas durer dans le temps », estime Vanessa Lalo.

Une pratique, parfois néfaste, qui inquiète quand même certaines organisations : aux États-Unis l’association américaine de psychiatrie voudrait reconnaître la dépendance à Internet comme une pathologie à part entière, et l’ajouter dans la nouvelle édition de son manuel.

Source : MetroFrance.com
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STATISTIQUES – VIOLS
A peine 4 % des violeurs sont condamnés en Belgique

Chaque semaine, 56 viols et cinq viols en réunion sont commis en Belgique mais à peine 4% des auteurs sont poursuivis et condamnés, lit-on jeudi dans De Morgen.

Selon le journal, ce faible pourcentage s’explique par le fait que deux frottis sur trois, pratiqués sur les victimes, ne sont pas analysés.

« Selon une récente enquête des Nations Unies, à peine 4% de tous les violeurs sont poursuivis et condamnés », explique la psychologue et profiler Danièle Zucker. « Les auteurs de viol savent qu’ils risquent à peine d’être poursuivis ». Selon des chiffres du SPF Justice, un auteur sur trois est condamné.

Mais ce taux se réfère à des auteurs qui sont effectivement poursuivis, nuance De Morgen. Souvent, les violeurs ne sont pas identifiés ou nient les faits. « Les autorités peuvent faire plus dans ce domaine. Les possibilités d’analyses ADN sont sous-exploitées », explique Mme Zucker. Des centaines d’échantillons ADN se trouvent ainsi dans le labo de l’UZ Anvers. Mais, deux sur trois échantillons ne seront jamais analysés.

Source : BELGA
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CRIMES EN SERIE
Le serial sniper des autoroutes allemandes qui a sévi plus de 700 fois depuis 2008 pourrait aussi agir en Belgique [Allemagne / Belgique]

« Peur sur l’autoroute ». Ce pourrait être un titre de polar. C’est pourtant une histoire bien réelle qui terrorise les automobilistes et routiers allemands. Depuis 2008, un ou plusieurs tireurs visent des camions et des voitures circulant sur plusieurs autoroutes du sud-est du pays ainsi que près des frontières suisse et française. Le BKA, la brigade criminelle allemande, a recensé plus de 700 faits.

La plupart du temps, le ou les snipers ciblent la carrosserie et surtout les remorques. Mais il y a quelques mois, une automobiliste a été touchée au cou et plus récemment encore, des projectiles ont fini leur course dans une maison voisine de la route.

« Nous avons besoin de l’aide des chauffeurs routiers et des citoyens », rappelle Jörg Ziercke, le chef du BKA, qui vient de lancer un nouvel appel à témoins et de porter à 100000 € la récompense offerte à celle ou celui qui permettra d’arrêter le ou les snipers des autoroutes.

Depuis le début des tirs, les projectiles étaient tous du même calibre : du 22 long rifle. Mais cet été, l’arme a changé et ce sont aujourd’hui des munitions de 9 mm qui sont extraites des camions ou des voitures. La cadence, elle, reste toujours aussi frénétique puisque la police comptabilise déjà 40 tirs au 9 mm. Si Jörg Ziercke concède ne tenir « aucune piste sérieuse », le BKA ne ménage pas ses efforts. Les enquêteurs ont même parcouru les autoroutes préférées du ou des snipers avec un véhicule « appât » pendant plusieurs semaines. Sans résultat.

Seule certitude résultant des expertises balistiques, le ou les tireurs agissent « en mouvement ». Ce qui veut dire que ce ou ces suspects se mêlent aux routiers et automobilistes qui circulent très souvent sur les autoroutes visées. Les policiers pensent même que les projectiles sont tirés depuis des véhicules roulant dans le sens inverse de leurs cibles.

Dans son nouvel appel à témoins, le BKA relate des faits récents commis en juin, septembre et octobre dernier. Il cherche à identifier des camions aperçus dans le périmètre immédiat des tirs, notamment un poids lourd affrété par la société française Intermarché stationné sur une aire de repos de l’autoroute A 6 entre Heilbronn et Nuremberg où des tirs ont été constatés le 12 juin vers 21 heures.

Si la psychose est réelle en Allemagne, les pays limitrophes, comme la France, sont vigilants. Des cas potentiellement similaires ont d’ailleurs été signalés en Belgique ces derniers mois.

Un article de Damien Delseny.

Source : LE PARISIEN.FR
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FACEBOOK – CRIME
USA: des parents apprennent la mort de leur fille sur Facebook [Etats-Unis]

ATLANTA (Sipa-AP) — Les parents d’une étudiante de l’université de Géorgie (sud-est des Etats-Unis) on appris la mort de leur fille dans une résidence universitaire sur Facebook, la semaine dernière peu avant Thanksgiving. Ils espèrent désormais que les réseaux sociaux vont les aider à éclaircir les circonstances de sa mort, alors qu’une enquête a été lancée pour homicide.

Jasmine Benjamin, 17 ans, a été retrouvée sans vie sur un canapé d’une salle d’étude le 18 novembre dernier. Un ami de la famille a transmis un post à propos de la mort de la jeune fille aux parents sur Facebook, qui ont ainsi appris son décès avant que les autorités ne les en informe, ont expliqué Thomas Stubbs, l’avocat de la mère de Jasmine, Judith Brogdon, et son beau-père James Jackson. Mais les circonstances de sa mort ne sont toujours pas élucidées.

Peu après avoir appris la mort de Jasmine sur Facebook, sa famille a reçu la visite de la police de Lawrenceville, venue l’informer offciellement du décès, a dit Thomas Stubbs. « Aussi frustrant que cela puisse être de l’apprendre de cette façon, ils comprennent que c’est un monde différent », a-t-il ajouté.

La famille a engagé une détective privée et une nouvelle page Facebook a été créée dans l’espoir que des étudiants partagent des informations au sujet de la mort de Jasmine. Certains commentaires ont déjà été signalés à la justice et la famille espère que les amis et les camarades de classe qui remarquent des commentaires suspicieux alerteront les autorités.

« Tout ce qui donne un peu plus d’informations que ce qui est publiquement connu sur sa mort, c’est ce genre de commentaires que la police recherche et qui va être examiné de plus près », a ajouté Me Stubbs. Sont aussi observés des « commentaires inhabituels sur sa mort ou postés à une heure inhabituelle ».

Archives Facebook
« Nous savons que la police a passé en revue la liste des appels téléphoniques passés, les enregistrements vidéo qu’ils ont pu trouver au sein de l’école », a précisé l’avocat de la mère de Jasmine. La police essaie également d’obtenir légalement des archives de Facebook.

La police a ouvert une enquête pour homicide, même si les résultats de l’autopsie ne sont pas encore complets et ne disent pas pour le moment de façon sûre si la jeune étudiante a été tuée. Aucun indice ne révléait qu’elle ait été victime d’un crime lorsque son corps a été retrouvé, mais l’autopsie a soulevé des interrogations, ont dit les autorités.

La détective privée engagée par la famille a dit espérer que les étudiants de l’université restaient en contact avec leurs parents et qu’ils donnaient leurs codes d’accès aux sites de réseaux sociaux et à leur téléphone au cas où quelque chose arrive. « Si vous avez des mots de passe sur votre ordinateur, votre portable, s’il vous plaît, dites-les à vos parents », a dit Robin Martinelli. « Ne le dites pas à tout le monde mais donnez à vos parents les mots de passe » a-t-elle ajouté.

Selon elle, le meilleur conseil que les parents peuvent donner aux étudiants est celui-ci: « Ils doivent écouter leur instinct. S’ils se mettent dans une situation dans laquelle ils ne se sentent pas bien, il faut partir », a-t-elle ajouté.

L’installation de caméras dans la résidence où est morte Jasmin Benjamin a été effectuée, selon des responsables de l’université. Les caméras avaient été commandées mais n’étaient pas encore arrivées lorsque la jeune fille est morte, a expliqué Theresa Boyd, la directrice de la communication de l’école.

af/AP/cf
Source : Nouvelobs.com
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Semaine du 6 au 12 décembre 2010

13 décembre 2010 à 09:11 | Publié dans L'actualité criminologique | Laisser un commentaire
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POLICE TECHNIQUE ET SCIENTIFIQUE
Expert en scènes de crime

Ancien patron de l’identité judiciaire à la préfecture de police de Paris, Richard Marlet sera vendredi l’invité du café des sciences de la MPT d’Ergué-Armel. L’expert a accepté de nous livrer son regard sur la police scientifique.

Son livre n’a rien d’un mode d’emploi de la police scientifique pour les nuls. Publié en écho au succès grandissant des séries télévisées consacrées à cet aspect des coulisses des enquêtes judiciaires, «Les experts, mode d’emploi», se veut plus universitaire que grand public. L’ancien commissaire divisionnaire donne des cours à l’institut de criminologie de l’Université Panthéon-Assas. Il vulgarise, malgré tout, ce rôle d’expert. Et évoque l’ouvrage comme un hommage à la police scientifique.

À l’identité judiciaire, vous étiez un policier ou un scientifique?
J’étais le chef du premier service d’identité judiciaire créé au monde, à la fin du XIXesiècle. Il s’agissait alors de lutter contre la récidive. Je ne suis absolument pas scientifique. Mais j’ai malgré tout passé beaucoup de temps sur le terrain pendant ces dix années: dès 1995 lors des attentats dans le RER et jusqu’au tsunami de 2005. Les catastrophes du Concorde et de Charm el Cheik, les homicides et autres incendies ont nourri mon quotidien.

La police scientifique est vulgarisée depuis plusieurs années par les séries télévisées. Sont-elles proches de la réalité?
La première fois que j’ai vu les «Experts Las Vegas» à la télé, j’ai été scotché. Comme le cyanoacrylate pour révéler des empreintes digitales, les techniques utilisées sont les bonnes. La grosse différence, et elle est fondamentale, est qu’ils cherchent de l’infiniment petit sans protection. C’est vrai qu’on imagine mal la production payer aussi cher William Petersen, (alias Gil Grissom), en lui demandant de porter masque, surbottes, lunettes de protection et combinaison… Le recours à d’impressionnantes bases de données est aussi loin de refléter la réalité… Particulièrement en France.

L’identification judiciaire a ses limites.
Avec la police technique et scientifique, vous pouvez affirmer qu’une personne s’est tenue dans un lieu précis. Mais en aucune manière à quel moment. Et puis, il y a des traces qui s’expliquent, comme les empreintes relevées sur un couteau planté entre les deux omoplates d’un type. Si les empreintes sont relevées ailleurs, ça ne fait pas forcément de lui l’auteur des faits. En fait, il faut aborder la police d’une manière générale. Il n’y a pas de hiérarchie dans les preuves, qu’elles proviennent des différentes investigations traditionnelles ou de l’identification judiciaire.

Elle permet quand même de résoudre un grand nombre d’affaires.
Je suis sorti de l’école de commissaire en 1984. On m’a affecté au commissariat de Clignancourt, dans le 18e. J’ai été confronté à Thierry Paulin. Le tueur des vieilles dames laissait beaucoup de traces. Mais il n’y avait pas de fichier informatique à l’époque. Dans le cas inverse, on aurait pu l’identifier dès le premier meurtre. La situation est identique pour Guy Georges, cette fois d’un point de vue génétique. Je comprends l’émoi provoqué par la mise en place des fichiers. Mais le fait est que ça fait moins de victimes.

Les auteurs de faits ont fini par s’adapter.
Oui, c’est vrai. Ça nous a conduits à multiplier les pistes de recherche sur une scène de crime. Il faut désormais quatre, cinq voire six personnes, avec chacune un métier bien particulier. Et penser à des recueils de nouvelles traces. Les Suisses ont ainsi développé une base de données des traces de chaussures. La France travaille à identifier les traces d’odeurs corporelles. Ensuite, croiser les données est extrêmement intéressant. Dans ces conditions de veille scientifique, j’estime que l’avenir de l’identification judiciaire est serein.

Source : Le Telegramme

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CRIMES EN SERIE
Meurtres en série non résolus, les familles s’indignent + Lettre à Nicolas Sarkozy

Parce que cela peut arriver à tout le monde, l’association Christelle à Blanzy, qui aide les familles victimes d’agressions criminelles, poursuit son combat contre vents et marées. Le « dernier recours amiable » vient comme une bouteille à la mer rappeler « l’inertie » des pouvoirs publics.

Une lettre ouverte a été adressée au chef de l’État, Nicolas Sarkozy, fin novembre. La requête est simple : être reçu et entendu. L’association a plusieurs revendications à soumettre. Telles que les crimes de sang ne tombent pas sous le coup de la prescription judiciaire comme c’est le cas pour les crimes contre l’humanité ou encore qu’une prise de sang soit systématiquement effectuée pour les recherches ADN, ou bien qu’aucune remise de peine n’intervienne pour des personnes condamnées à plus de 20 ans d’emprisonnement.

Toujours pas de cellule de recherche
« Depuis 2000, nous avons pris en main les affaires des 10 crimes non élucidés sur la Saône-et-Loire, précise le président Bernard Hommey. Nous avons rencontré divers responsables des pouvoirs publics sans aucune avancée. » L’antériorité des crimes s’étalant de 1987 à 2005 est l’un des principaux arguments qui leur est rétorqué.

Pendant plus d’un an, l’association s’est battue pour améliorer l’archivage des scellés, certains ayant été détruits, d’autres égarés… et a obtenu que les dossiers soient regroupés au pôle d’instruction de Chalon. « Les plus hautes instances de l’État ont toujours refusé qu’une cellule d’enquête soit spécifiquement détachée pour nos crimes sous prétexte qu’ils étaient trop anciens et que cela allait coûter trop cher. » Actuellement, moins d’une dizaine d’enquêteurs de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Dijon est chargée du suivi en sachant que sa zone couvre la Bourgogne, l’Ain mais aussi le Jura… Les seuls nouveaux indices proviennent d’un détective privé parisien payé plus de 700 € la journée par l’association.

Rien ne change
Ne pas savoir est la pire des choses pour ces familles déchirées par la perte d’un être cher et ce dans des conditions horribles. « Il est intolérable que les assassins de nos enfants demeurent libres et poursuivent leur vie en toute impunité ».

Le premier crime non élucidé, qui a coûté la vie à Christelle Maillery, remonte au 18 décembre 1986. L’association Christelle, créée en 1996 suite au meurtre de Christelle Bletry, lutte inlassablement pour qu’une prise de conscience nationale s’instaure afin que tous les moyens humains et matériels soient mis en place.

« Quatorze ans plus tard et neuf dossiers d’assassinats non résolus, nous constatons avec colère et amertume que rien n’a changé. »

« Aucun dossier criminel n’est fermé »
Le procureur de la République de Chalon, Christophe Rode, assure de tout son soutien les familles des victimes des crimes non élucidés en Saône-et-Loire. Il dit comprendre le déchirement, les souffrances de ces mères et de ces pères en attente de la manifestation de la vérité. « Aucun de ces dossiers n’est fermé, si des éléments nouveaux dans ces affaires sont apportés, ils relanceront les enquêtes », a réagi le représentant du ministère public. Comme l’affaire de la Côte-d’Orienne Virginie Bluzet, retrouvée en 1997 menottée et bâillonnée sur les berges de Verdun-sur-le-Doubs en Saône-et-Loire. L’enquête a été rouverte en février dernier, douze ans après les faits. La prescription est un concept général de droit qui désigne la durée au-delà de laquelle une action en justice, civile ou pénale, n’est plus recevable.

Aucun juge n’a délivré d’ordonnances de non-lieu en Saône-et-Loire, « bouclant » définitivement un dossier.

Le délai de prescription est de 20 ans pour les crimes, de 10 ans pour les délits, de 3 ans pour les contraventions. L’instruction préparatoire est la phase du procès pénal diligentée par le juge d’instruction. Elle est obligatoire en matière criminelle. En matière de délit ou de contravention, elle est facultative.

Un article de Jeannette Monarchi & E. Bouland (LE JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIRE du 6 décembre 2010).

Pour lire – en PDF – la lettre adressée au président Nicolas Sarkozy, cliquez ici
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PSYCHIATRIE
Première étude sur le profil psychologique des mères néonaticides [Monde]

Depuis l’affaire Courjault, les affaires d’infanticides ont semblé se multiplier. En tout cas, médiatiquement. Mais selon une étude réalisée par deux chercheurs de l’Inserm et publiée dans la revue « Archives of disease in childhood », le nombre de néonaticides, c’est-à-dire les infanticides survenant le jour de la naissance, « est très largement sous-estimé » dans les statistiques officielles.

Anne Tursz et Jon Cook ont rapporté 2,1 néonaticides sur 100 000 naissances, soit 5,4 fois plus que dans les statistiques officielles de mortalité (0,39 pour 100 000 naissances).

Pour arriver à ces données, ils ont recueilli dans 26 tribunaux de trois régions françaises (Bretagne, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais) les données judiciaires correspondant aux décès de nouveau-nés survenus sur une période de 5 ans. Le chiffre auquel ils ont abouti serait lui même aussi sous-estimé car il ne correspondrait qu’à une partie de la réalité, des cas n’étant jamais découverts. « Ce doit être de l’ordre d’une centaine par an. Ce qui est considérable », a reconnu le Dr Tursz. Elle dresse aussi pour la première fois le profil social et psychologique des mères auteures de ces infanticides.

Le travail réalisé par deux chercheurs révèle que les femmes néonaticides, souvent mariées et déjà mères, diffèrent légèrement du profil social et psychologique traditionnellement associé à l’infanticide.

Pas de déni de grossesse
Les chercheurs ont également pu analyser le profil psychologique et social de 17 mères sur les 27 décès. Contrairement aux idées reçues, ces femmes n’étaient pour la plupart pas désocialisées et ne présentaient pas de troubles mentaux caractérisés. Agées de 26 ans en moyenne, elles vivaient pour plus de la moitié avec le père de l’enfant, et les deux-tiers travaillaient. Leur catégorie socioprofessionnelle ne différait pas de celle des femmes de la population générale. Bien que n’ayant pas été abusées enfant, elles présentaient des carences affectives, une certaine immaturité, un manque de confiance en elles, une forte dépendance à l’autre, voire une peur extrême de l’abandon, soulignent les chercheurs.

Fait significatif, aucune n’utilisait de contraceptif, en raison d’un manque de connaissances, d’une utilisation irrégulière ou d’un refus de principe. La grossesse était cachée à l’entourage, mais aucun cas de déni de grossesse, défini comme une non prise de conscience du fait d’être enceinte, n’a été constaté. Ces femmes accouchaient pour la plupart seules et en secret, ne déclaraient pas la naissance et n’étaient pas suivies médicalement. Le néonaticide relevait alors plus d’une stratégie d’autoprotection «j’essaie de ne plus y penser». Dans la moitié des cas, l’enfant était tué par asphyxie.

Les chercheurs en déduisent qu’il faut renforcer les campagnes d’information sur la contraception, malgré la politique déjà avancée de la France dans ce domaine. «Les néonaticides ont pu constituer une forme de contrôle des naissances pour ces femmes qui ont souvent plus de 30 ans et comptent déjà plusieurs enfants, analyse Anne Tursz, pédiatre et épidémiologiste, auteur de l’article. Partageant un sentiment très fort de solitude, dépressives pour presque la moitié d’entre elles, elles manquaient probablement de moyen de contrôle sur leur vie ou leur sexualité. Le néonaticide apparaît ainsi comme la solution pour éviter un scandale familial, la perte d’un compagnon ou d’un mode de vie». Au vu des données collectées, les auteurs recommandent également d’élargir la cible des actions de prévention, et de ne pas les réserver aux femmes jeunes, pauvres, seules, sans emploi ou souffrant d’un déni de grossesse.

Deux articles de C.H. (ELLE) & Authentiqua (CHOIXDEVIE.ORG).
Source : Archives of disease in childhood
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PROCES – VIOLS SUR MINEURE
Une simple amende pour des viols répétés sur la fille de sa famille d’accueil [Belgique]

Le tribunal correctionnel d’Anvers a condamné, jeudi, Haxhi G. (24 ans) à une peine de 4 ans de prison pour des viols commis sur une jeune fille de 15 ans.

Le prévenu a été accueilli lors de son arrivée en provenance du Kosovo par une famille d’Anvers.

Haxhi G. a forcé la fille de la famille à avoir des rapports sexuels. Lorsqu’elle refusait, il se montrait violent ou la menaçait de s’en prendre à ses soeurs.

Après une dispute avec les parents de la jeune fille, le prévenu a dû quitter le domicile mais les viols ne se sont pas arrêtés pour autant. En effet, Haxhi G. a attendu sa victime à la sortie de l’école avant de l’amener dans un endroit où il l’a à nouveau violée.

La jeune fille a contracté une maladie sexuellement transmissible et a expliqué les faits à son médecin. Ce dernier a prévenu la police.

Le prévenu a été interpellé le 21 septembre alors qu’il se rendait muni d’un couteau au domicile de la jeune fille. Haxhi G. a nié les viols mais il était porteur de la même infection sexuellement transmissible que sa victime.

Le prévenu a finalement reconnu avoir eu des rapports sexuels avec la jeune fille mais a affirmé que cette dernière était consentante.

Le tribunal a estimé que son témoignage n’était pas crédible et que l’homme avait abusé de l’hospitalité qui lui avait été offerte. Il a été condamné à payer des dommages et intérêts de 2.500 euros.

Source : Belga

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